Faire pivoter son business: Naturel pour une entrepreneure HPI multi-potentielle?
Entrepreneure avec un profil HPI et multipotentielle en train de faire pivoter son business, je partage comment je vis la mes caractéristiques HPI interviennent dans cette démarche (d’après moi).
J’ai créé mon entreprise en 2015 (Activité de coaching) et cela fait un an que j’ai démarré une réflexion pour faire pivoter mon activité (la recentrer sur la spécialité qui m’intéresse le plus). Cela implique de préciser la typologie de clients que j’accompagne et d’augmenter la proportion de clients « entreprises ».
Après 7 ans de développement de business principalement grâce au bouche-à-oreille, j’avais jusque là une grande diversité de clients et de services, traitant de sujets variés, sans réelle volonté de ma part de me focaliser. Même si ceux qui m’entourent me disent que j’ai clairement une expertise par rapport les cadres évoluant dans des grands groupes, j’avais tout de même l’impression d’avoir été passive quant à la direction que mon business prenait.
Je ressens aujourd’hui le besoin de me recentrer sur là où je pense apporter le maximum de valeur et où j’ai le plus d’intérêts et de « stimulation intellectuelle » aussi (organisation matricielle à dimension internationale, clients qui rencontrent des situations professionnelles complexes, …), tout en créant davantage de synergies dans mon offre, dans la gestion de mon temps et de « l’effort ».
Faire ce pivot est un process que je trouve globalement « poussif ». Cela m’a rappelé le démarrage de l’activité il y a quelques années d’ailleurs.
En effet, malgré l’élan de départ de vouloir recentrer son activité, sont venus ensuite beaucoup de questionnements, de doutes, d’idées encore plus intéressantes, de revirements de situations, etc…
Un pas en avant, deux en arrière et voilà que je me rends compte que je fais du cha-cha depuis des mois.
Je m’étais faite accompagnée par une personne (clairement normo-pensante) à la chambre de commerce, pour cela en début d’année. Elle m’avait lâché lors d’un rdv: « vous savez, avoir trop de doutes pour un entrepreneur, ce n’est pas bon ».
« Euh… Merci, oui, je suis bien au courant, je m’en suis rendue compte il y a déjà un moment… ». Déjà que je trouvais les séances pas vraiment transcendantes, là, ça m’avait mis un coup au moral. J’y avais repensé pendant plusieurs jours, en arrière plan.
Dans ma vision de ce qu’était l’entrepreneuriat: Trouver LA bonne idée, liée à SA passion avant de se lancer. Avec cette croyance, j’ai mis beaucoup de temps à me lancer à tenter quoique ce soit, n’ayant pas la réponse (c’est toujours un peu le cas – mais en ayant conscience, j’arrive à mieux le gérer car j’ai mis en place quelques stratégies qui ont l’air de marchouiller jusque là).
Me découvrant HPI sur le tard, je me suis demandée si certaines caractéristiques n’influaient pas justement sur ma façon d’être entrepreneuse et dans ma façon de gérer mon business.
Quand j’essaye d’observer ce qui peuvent être considérées comme des caractéristiques HPI pour moi dans mon fonctionnement en tant qu’entrepreneur, je pense à:
- La volonté de contribuer dans ce qui fait vraiment sens pour moi et d’avoir de l’autonomie: ce que je ne suis pas arrivée à trouver en entreprise
- La sélection de l’idée à transformer en projet: cela inclut la « gestion » de la multitude d’idées de création de business qui me sont arrivées (et m’arrivent encore) tous les jours, couplée avec l’envie de les explorer, sans forcément les prioriser
- Un des critères de sélection de l’idée est la volonté de se lancer sur une idée « grandiose » (= qui change le monde) – alors qu’un business qui répond à un besoin plus « terre à terre » ou plus lucratif ferait peut-être l’affaire pour un entrepreneur lambda(?)
- Les questions existentielles et les doutes après avoir sélectionné l’idée: Est ce bien en lien avec ce que je veux faire de ma vie? Avec qui j’ai envie de travailler? Qu’est ce qui fait de moi ou de mon offre quelque chose d’unique? Est ce que je vais y arriver, me démarquer? Est ce que je vais vraiment apporter quelque chose?….
- La frustration ressentie car je n’arrive pas à trouver les réponses à ces questions, ni à me rassurer. Dans cette période, « j’appelle un ami » (Mon mari, mes amis… Tous y passent, même plusieurs fois parfois – merci encore à vous de m’entourer ;)). Généralement, cette phase débouche quand même sur : « ok je vais me lancer sur ça »…
- L’empressement de concrétiser cette idée nouvellement trouvée, comme si, ça y est, il va falloir que ça sorte de ma tête, assez perdu de temps. Là, je passe en mode « bootcamp intensif ». Je travaille non stop, je peux oublier de manger ou de dormir…. Là, super motivation et début de réalisation.
- A cette étape très critique et parfois furtive, si j’ai les bonnes ressources à disposition (compétences, temps…), de grandes et belles réalisations voient le jour en peu de temps.
- S’il y a décalage ce que je veux, ce que je visualise dans ma tête, (ex: mon futur site internet avec des fonctionnalités avancées et un design moderne et fluide) et mes ressources à disposition (ex: je n’arrive pas à faire ce que je veux avec ce modèle WordPress, je n’ai pas les compétences aujourd’hui pour ça…) > ça cause de la frustration et du délai
- Lorsqu’il y a délai (cela peut être quelques heures ou quelques mois), il y a le « risque » de voir surgir des doutes ou de partir sur une autre idée. Cela peut ralentir, voire stopper net, mon élan créatif concernant l’idée du moment.

Après avoir passé des années dans un mode de fonctionnement dont je n’avais pas conscience, prendre connaissance de mon côté HPI m’a permis d’accepter, d’intégrer et d’exploiter cela dans mon processus de création et de réalisation.
Est ce que cela fonctionne efficacement à 100% aujourd’hui? Non, mais à chaque étape de mon processus de création ou de développement de mon activité, j’essaye de trouver une stratégie à mettre en place pour me permettre d’avancer.
En prenant plus de temps pour chaque étape, en étant plus en conscience de ce que je fais au moment où je le fais, j’arrive davantage à canaliser et dompter ce super pouvoir « créatif », tout en étant moins en lutte avec moi-même et plus sereine.
Et vous?
Quels sont vos retours d’expériences pour ceux qui sont entrepreneurs?
Ceux qui veulent le devenir?
Pour ceux qui n’envisagent pas de devenir entrepreneur, qu’est ce qui ne vous attire pas particulièrement?
A très vite,