« Ne te mets pas trop en avant, ne va pas trop vite… ». Quand HPI suscite jalousie

Hier, désagréable expérience: mon nouveau manager depuis 1 mois me « propose gentiment » de m’aider à préparer notre futur pitch commercial (pitch que l’on doit faire en groupe à un prospect), en vue d’une soutenance. Le groupe est constitué d’autres coachs (nous sommes 6 coachs).

Quand elle m’appelle soudainement l’après-midi pour me demander si j’ai besoin d’aide, naïvement je lui dis « Ben écoute, je n’avais pas l’intention de bosser mon pitch là mais d’y réfléchir ce soir, mais pourquoi pas » (oui, parce que pour faire un pitch, j’ai besoin d’y réfléchir et pas n’importe quand > quand je suis inspirée et loin des activités diverses et variées de la journée).

Au fond de moi, j’ai un doute:

Bref, un sentiment pas très agréable, qui n’a pas duré longtemps, mais que j’ai senti me traverser.

En effet, la veille, elle m’avait dit qu’un client sur un mission de coaching avait sélectionné 3 CVs de coachs (dont je faisais partie), et qu’elle n’était pas à l’aise que les clients fassent du « cherry picking » sur les CVs de coachs, en choisissant les plus expérimentés et les plus certifiées (je fais effectivement partie des 3 plus expérimentées et certifiées). J’ai compris à ce moment-là que cela l’avait gênée en tant que manager de gérer les demandes des clients d’un côté et les profils, personnalités et envies de chaque coach (les coachs veulent tous coacher…) et le fait de créer un collectif.

Elle que je sens profondément gentille, ça ne doit pas être facile.

Pour ma part, j’étais ravie que mon CV ait été choisi par le client et suis très fière de ce parcours de coach que j’ai mis du temps à construire, avec des doutes, des questionnements interminables, d’essais/erreurs, d’expériences accumulées, de formations payées de ma poche pour progresser et rester à flot dans mes compétences et certifications…. au fil des 7 dernières années. Donc sentiment d’injustice.

Bien sûr, j’apprécie mes collègues coach (qui sont en plus vraiment sympathiques et bienveillants), mais j’ai eu l’impression qu’on nivelle le collectif par la moyenne ou par le bas, au lieu d’essayer de tirer les autres vers le haut (si c’est ce qu’ils souhaitent), voire de faire progresser le niveau moyen.

Cela me rappelle cette vidéo que j’aime beaucoup – sur le fait de sortir du culte de la moyenne dans une organisation, dans une classes d’élèves, etc… plutôt que de vouloir effacer la diversité au sein d’un collectif).

Exprimer sa singularité et faire partie d’un collectif… Toujours un sujet qui revient chez moi.

Sensation d’être étouffée et inhibée par la « masse », culte de la moyenne (comme dans la vidéo), médiocriatie… c’est ce qui me vient quand je pense à ce genre de situations. Cela pèse dans la balance, avec à l’autre bout, le besoin d’appartenance à un collectif.

Finalement, après quelques heures de réflexions et frustrations, je me suis dit que le plus important à ce moment-là, 1 mois après ma prise de poste, était de faire un pas vers ce collectif de coachs plus ou moins débutants.

Tant pis, je vais devoir changer de stratégie car j’avais l’intention de dire haut et fort que j’étais disponible pour mettre à profit mon expertise en coaching pour accompagner des managers, leurs équipes, les Hauts potentiels etc…. (Ce qui m’agace, c’est que je sais qu’il y en a au moins une qui essaye en douce de développer son business dans son coin, loin de notre soi-disant collectif.)

Cela m’a fait penser à une phrase:

« c’est quand même étonnant de ressentir le syndrome de l’imposteur, dans un monde d’imposture »…

Fabrice Micheau

Ok, passons pour cette fois.

Dans un poste précédent, 2 mois après mon arrivée, j’avais commencé à proposer des pratiques un peu nouvelles: workshop pour les managers autour du coaching, etc..

J’avais partagé mes supports avec mes collègues dans l’élan de mon enthousiasme. Mon manager de l’époque m’a écrit: « on va se calmer un peu, car cela va finir par agacer 🙂« .

Malgré le « on » qui voulait n’incluait que moi et le smiley de la fin de phrase, pareil, ça m’a mis un coup au moral, car obligée de sentir que je dois réfréner mes initiatives et mon enthousiasme (avec dans le package: le besoin de partager et le besoin d’être reconnue pour mon expertise et mes actions).

Ce que je retiens de tout cela, c’est que c’est important pour moi de pouvoir m’exprimer, comme cela l’est de me sentir faire partie d’un groupe. J’ai entendu un jour:

« il faut être conscient de l’impact que l’on a sur les autres »

Un de mes mentors…

Je suis plutôt d’accord. Après, je peux dire aujourd’hui, que je ne suis plus prête à me censurer, ni à m’éteindre non plus pour les « autres ».

Je me suis donc mise à initier des actions dans la sphère extra-professionnelle qui pourraient m’être utiles et alimenter mes souhaits en terme de développement professionnel.

Cela passe par le fait d’occuper ma place en tant que Coach professionnelle accompagnant des HPI en entreprise. Concrètement, j’ai proposé à une personne de travailler avec moi sur le leadership et l’évolution de carrière chez les personnes HPI au sein des grands groupes. J’ai aussi repris contact avec un ancien de l’école (qui s’est découvert neuro-atypique) et a lancé son entreprise.

Pour les personnes HPI, je crois qu’il est important de se connecter avec des personnes qui partagent les mêmes envies, qui veulent juste faire avancer les choses, sans qu’il n’y ait de concurrence ou d’ambiance pourrie (je les vois plutôt comme des nuisances de l’environnement)… Mais dans un environnement bienveillant, respectueux, avec des personnes qui ont à coeur le lien à l’autre et veulent apporter leur contribution au monde…Bref, réaliser de belles ambitions.

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